Pourquoi avons-nous besoin de nos émotions au travail ?

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Quel enjeu y a-t-il à ce que chacun reconnaissance ses émotions, les comprenne et les utilise au travail ? Que se passe t’il lorsque nous préférons ignorer les émotions ?

Nous avons tous et toutes déjà été contrariés au travail, stressés à l’approche d’un RDV, déconcertés ou irrités par un comportement, mécontents d’un résultat, blessés par une remarque, réellement triste d’un changement… c’est tout à fait naturel de ressentir des émotions.

Le problème n’est pas l’émotion, le problème est que nous ne savons pas quoi faire de ces émotions désagréables qui parfois nous encombrent, encombrent notre processus de décision et notre relation aux autres. Nous pensons alors que l’émotion est un problème, notamment les émotions perçues comme négatives (tristesse, peur ou colère pour l’essentiel).

NOUS NE POUVONS PAS TOUJOURS ETRE JOYEUX AU TRAVAIL !

Il peut y avoir un fantasme de l’entreprise de n’avoir que des salariés heureux, joyeux parce que la joie facilite la créativité, la stabilité de la relation, la motivation …

 

Consciemment ou inconsciemment le collectif accepte les émotions dans la sphère professionnelle sous certaines conditions. Je peux être triste à la suite d’un deuil mais puis-je être triste à la suite de la perte d’une affaire ? Puis-je être également en colère si un client me manque de respect ou manque de respect à mon équipe ? Puis-je exprimer la crainte de parler lors d’une réunion  …

Ces questions restent souvent un tabou.

 

Que se passent-ils lorsque nous ignorons nos émotions (ou
certaines de nos émotions) ?

Pour illustrer la réponse, je vous invite à vous plonger ou
(replonger) dans le film vice-versa. Dans ce film (inspiré par la théorie des
émotions du psychologue Paul Ekman), nous découvrons Riley, jeune adolescente
de 11 ans qui va vivre un grand changement. Elle quitte le Midwest et la vie
qu’elle a toujours connu pour emménager avec sa famille à San Francisco.

Riley est guidé par 5 émotions (Joie, Tristesse, Peur, Colère
et Dégout
). Ces émotions vivent au quartier général, le centre de l’esprit
de Riley. Chaque émotion a « le pouvoir » de déclencher une action en
accédant au tableau de contrôle des actions. Joie dirige le tableau de
contrôle des actions.

Lorsque Riley découvre « sa nouvelle vie » qui
n’est pas tout à fait comme elle l’imaginait. Joie fera tout pour garder
Riley joyeuse, éloignant Tristesse du tableau de commande des actions,
se battant même avec Tristesse. Riley se retrouve déconnectée de sa Tristesse
(puis de la Joie).

L’impact est que Riley est désorientée, elle n’analyse pas
correctement ce qu’elle vit, ce dont elle a besoin. Elle reste bloquée sur le
contexte : sa vie actuelle ne lui plaît pas. La relation avec ses parents,
avec sa meilleure amie est perturbée, inadaptée. Elle a du mal à s’intégrer
dans son nouvel environnement. Son processus de décision est également perturbé.

 

Il faudra attendre le moment ou Joie laisse enfin Tristesse
atteindre le tableau de contrôle des actions pour que  Riley exprime sa tristesse et son besoin en
l’occurrence le réconfort. Son développement peut alors reprendre son cours de
manière constructif !

Comprenez que lorsque nous passons à coté de ce que nous
ressentons, notre relation aux autres est perturbée. Notre processus de
décision l’est également. Nous restons figés sur le contexte et cela peut diminuer
notre confiance globale.

 

Nous avons besoin de toutes nos émotions pour de ne
pas rester loqué sur une situation et de s’engager sur le chemin de la résolution
de problèmes de manière appropriée, c’est-à-dire en identifiant ce qui
est important pour nous, quels sont nos besoins et qu’est-ce que nous voulons
obtenir.

Nos émotions nous permettent de développer de nouvelles compétences telles que

Sortir plus rapidement d’une situation difficile : nous savons ce que nous ressentons, nous ruminons moins et cherchons ce qui est important pour nous et quelles actions il s’agit de mettre en oeuvre.. Clarifier ce que nous ressentons permet d’accéder à un meilleur processus de décision.

Nous sommes également plus conscients de ce qui fait sens pour nous. Clarifier ce que nous ressentons permet également de renforcer notre ancrage interne, notre confiance et notre estime.

Dans la relation à l’autre, être clair avec ce que nous ressentons permet à l’autre de mieux nous comprendre et donc d’établir les conditions d’une relation authentique, de confiance. Nos ressentons nous donnent également accès à l’empathie et l’assertivité.

 

L’objectif n’est pas d’être heureux tout le temps, c’est d’être en conscience de ce que nous vivons, que ce soit de la peur, de la tristesse, de la colère et d’apprendre à les utiliser à bon escient.

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Catherine Bordaneil